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NPA - Comité du Gers
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20 octobre 2011

Crise : de nouvelles rustines pour un vieux système

Tract national du 20 octobre 2011


Crise : de nouvelles rustines pour un vieux système


Le 15 octobre, tandis que les Indignés défilaient dans plusieurs centaines de villes du monde entier, les ministres des Finances des pays du G20 se réunissaient à Paris. D’un côté, les manifestants disaient « non au profit » et réclamaient une « démocratie réelle ». De l’autre, les dirigeants exhibaient fièrement deux rustines censées résoudre la crise : « l’adoption de la réforme ambitieuse de la gouvernance économique de l’Union européenne » et l’engagement de mettre « des ressources adéquates » à disposition du FMI.

En mai 2010, face à la flambée des taux d’intérêt des titres grecs, les dirigeants européens avaient mis en place un fonds européen de soutien financier (FESF) conditionné à des plans d’austérité et au paiement d’un taux d’intérêt élevé. Il avait été demandé au FMI de contribuer à l’élaboration et la surveillance de ces plans de rigueur. Le recours à cette institution et à son funeste savoir-faire visait à convaincre les propriétaires de capitaux que l’on saurait imposer à des pays d’une zone de change fixe les recettes qui avaient été appliquées au Brésil et à l’Argentine. Mais en allant chercher le FMI, et en lui livrant les États en difficulté, l’Union européenne (UE) a signifié qu’elle n’existait pas réellement. L’UE sert essentiellement à placer les États dans une dépendance totale vis-à-vis des marchés financiers.

La spéculation n’a d’ailleurs pas tardé à reprendre. L’Irlande puis le Portugal en ont fait les frais. Dans la crise réelle, c’est la BCE qui a racheté des titres espagnols et italiens cet été. Et elle continuera à le faire. En effet, si les États alimentant le FESF devaient augmenter leur contribution, ils deviendraient la cible d’attaques spéculatives et devraient alors eux-mêmes recourir au FESF… Par ailleurs, les banques privées craignent pour leur bilan. Comme l’expliquait récemment le directeur d’un fonds de placement, « même les gérants ont aujourd’hui une visibilité faible des bilans des banques. Les arguments donnés pour les apprécier ne sont jamais tangibles ». Après les banques, les notes des assureurs pourraient être dégradées, a prévenu l’agence de notation Standard & Poor’s.

Aucune des mesures prises ne s’attaque aux causes de la crise. Rien contre la sur-accumulation immobilière. Rien contre les excédents commerciaux allemands qui nourrissent les déficits et l’endettement des pays périphériques. Et la crise se dénoue par le chômage et la régression sociale plutôt que la remise à plat du système financier. Le 8 octobre 2011, les confédérations patronales française, allemande et italienne ont lancé un appel pour « une Union politique et économique plus étroite » fondée sur un nouveau traité créant « les conditions pour des finances publiques solides et une économie compétitive ». Telle est la feuille de route que vont s’efforcer de suivre les dirigeants européens. À nous d’en proposer une autre, à l’échelle du continent.


Sans attendre 2012, une vaste mobilisation unitaire, populaire, politique, syndicale, associative est nécessaire et doit se dresser contre toutes les mesures d’austérité, pour suspendre immédiatement le paiement de la dette publique et enquêter sur son origine, son contenu et ses profiteurs, pour refuser de renflouer à nouveau les banques et au contraire les saisir et les mettre sous contrôle public.

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