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NPA - Comité du Gers
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30 janvier 2012

Coup de gueule d'un camarade du NPA 32



Le recyclage ne résout rien !





Le recyclage est une illusion créée par les adeptes du capitalisme "vert", même dans les partis se réclamant de l'écologie tels qu'Europe Ecologie. Si on faisait un concours des oxymores, celui-ci serait sans doute en tête, ex-aequo avec le développement durable.

Amateur de randonnées, je me promenais avec un ami il y a quelques jours sur les coteaux autour de Lectoure, admirant les couleurs hivernales et le brouillard, les cultures d'ail et de fèves ; passant devant les fermes, aujourd'hui appelées exploitations agricoles, je parlais aux chiens de chasse et aux canards au bord des mares. Rien que du bonheur, puis tout à coup et à plusieurs reprises, je sentis une odeur de plastique en train de brûler. En trois endroits on était en train de faire ce que l'on a toujours fait à la campagne dans les fermes : brûler les déchets, sauf qu'aujourd'hui on brûle tout, y compris les déchets plastiques, embaumant l'air d'effluves de dioxines. C'est pas grave, ça fond, ça se dissout, ça disparait vite.

Poursuivant la randonnée, nous avons dû quitter en quelques occasions les chemins de terre pour des portions de route goudronnée et je découvris avec délice les fossés des routes, bien achalandés par les automobilistes de passage : paquets de cigarette, canettes de bière et de sodas, bouteille en plastique, emballage de sandwich pour ne parler que des plus visibles. Que faire ? Manque d'éducation, manque de civisme, je-m'en-foutisme généralisé ?

Tout cela est certainement vrai, mais depuis une cinquantaine d'années que nous produisons des emballages jetables, toutes les campagnes d'éducation, les appels au civisme et au "recyclage" ont échoué. La preuve : les bords de route, les forêts, les champs, les océans sont devenus de véritables dépotoirs.

Pourquoi ne pas taper à la source ? Le "recyclage" n'est qu'une illusion, un fantasme créé de toutes pièces par les industriels. Il ne marche pas, coûte des sommes fabuleuses aux collectivités (que nous finançons). On nous dit : c'est formidable avec des bouteilles plastiques on fait des polaires. Oui et avec des polaires, qu'est-ce qu'on fait ? On les brûle dans les incinérateurs qui polluent l'atmosphère. Comme le fait remarquer justement un ami, dans recyclage il y a cycle, donc logiquement avec le plastique nous devrions retourner au pétrole mais bien sûr ce n'est pas le cas.

Si l'on veut vraiment arrêter ce gaspillage et cette pollution, il faut vraiment changer de logiciel, il faut enfin arrêter de produire pour produire. On doit décider collectivement et démocratiquement de quoi on a réellement besoin et comment on le fait en tenant compte du coût écologique et de la soutenabilité. Ce n'est pas parce que l'on est capable de faire quelque chose, qu'il faut nécessairement le faire.

  • Commençons par les bouteilles en plastique et les canettes en acier. Les plus âgés d'entre nous se souviennent que nous avions un système très efficace et non polluant de bouteilles en verre consignées. Le remède est donc à la source : interdisons les bouteilles et les canettes non réutilisables (ce qui est bien différent de "recyclables") : moins de déchets, moins de pollution, moins d'énergie gaspillée et responsabilisons le citoyen par le système de la consigne.
  • Toujours au sujet des bouteilles en plastique (celles dites écologique car de tailles familiales) rappelons qu'il n'y a pas si longtemps, l'eau en bouteille était vendue en pharmacie uniquement avec pour certaines d'entre elles des mises en garde par le corps médical sur la santé en cas d'abus trop répété. Maintenant, l'eau du robinet dont le coût ne fait qu'augmenter est en plus, souvent polluée et nous achetons de l'eau en bouteilles plastique. Le coût environnemental (et aussi pour le portefeuille) est énorme.
  • Les sandwiches préemballés existent pour le bénéfice des industriels et des distributeurs. Ils leur permettent de nous vendre des produits bourrés de conservateurs et stockables plusieurs jours. Au contraire, les sandwiches faits à la demande, ni ne nécessitent aucun conservateur et peuvent être emballés dans du papier. On peut vous les faire devant vous dans un vrai magasin, créant des emplois bien plus agréables que les misérables postes créés dans les quelques usines qui se partagent le marché en Europe. Mieux vous pouvez vous les faire vous-mêmes : vous économiserez, vous mangerez plus sain et vous ne polluerez pas.
  • De même un beefsteak acheté à la boucherie est enveloppé dans une feuille de papier. Le même beefsteak (enfin pas tout à fait, en général nettement moins bon) préemballé est vendu dans une barquette en plastique avec une couche-culotte et entouré de film alimentaire (qui ne l'est pas tant que ça).
  • Depuis quelques temps des collectivités font payer le ramassage des ordures ménagères au poids ou au volume. Donc non seulement, les industriels nous font acheter des produits sur-emballés mais nous sommes en plus pénalisés lors de leur enlèvement.


Vous allez nous dire: on ne peut pas revenir en arrière, c'est le progrès. Non ce n'est pas le progrès, ou alors seulement le progrès dans le sens de la progression vers l'auto-destruction et le suicide. Retourner en partie en arrière ne veut pas dire retourner à la bougie. Collectivement nous pouvons exiger de pouvoir choisir dans quel type de société nous voulons vivre et quel type de planète nous souhaitons laisser à nos enfants.

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Commentaires
O
"d'ailleurs les médecins ne recommandent pas de boire de l'eau dite minérale à tous les repas", petite précision tout de même, l'eau est à boire ENTRE les repas ! au repas mieux vaut ne pas boire (ou alors maxi 12 cl de vin) car l'eau dissous les sucs gastriques et rend la digestion difficile...ceci dit on peut boire l'eau du robinet a condition de la filtrer (un filtre efficace coûte env. 200€, la cartouche en céramique se change tout les ans pour une famille de 4 personnes et coûte 60 € : l'eau devient d’excellente qualité et est moins chère qu'en bouteille...
L
Réponses à Christophe,<br /> <br /> <br /> <br /> Un référendum chaque fois qu'un industriel veut introduire un nouveau produit sur le marché ? Dans la société capitaliste, on fabrique un produit, ensuite on le vend en persuadant les consommateurs qu'ils en ont besoin au moyen de matraquage publicitaire (mais pas seulement, voir le rôle de l'éducation, de la télévision, etc.). Ainsi Danone arrive à vendre des yaourts dont l'intérêt gustatif est médiocre, dont le bilan écologique est calamiteux, avec des prétendues vertus médicinales, par le biais de budgets publicitaires colossaux.<br /> <br /> <br /> <br /> Je ne vois pas pourquoi nous devrions nous voir imposer des produits dont le seul intérêt est de grossir les profits des industriels et de créer des problèmes de santé publique. Au hit-parade des coûts de santé, ceux liés à la malbouffe sont maintenant en haut du tableau. L'espérance de vie a commencé à diminuer aux États-Unis. Ces exemples montrent les conséquences du refus de décider collectivement et démocratiquement du bien-fondé des productions. Or ce sont ces mêmes productions qui créent des quantités de déchets incommensurables.<br /> <br /> <br /> <br /> Il n'y a pas si longtemps, les enfants ne buvaient quasiment que de l'eau du robinet et mangeaient des fruits frais (ni soda, ni eau en bouteille, ni jus de fruit). Il y avait beaucoup moins d'obésité infantile et pas de problème de déchet à régler. Pas non plus d'addiction au sucre, dont on commence à prendre la mesure. Donc il ne s'agit pas de remplacer toutes les bouteilles en plastique et toutes les canettes par des bouteilles consignées. Il faut commencer par éliminer les productions néfastes.<br /> <br /> <br /> <br /> Quant au système de consigne, il n'est évidemment intéressant que dans le cas où les productions sont re-localisées et où le transport est donc limité au maximum. On ne devrait pas boire de l'eau en bouteille pour leur prétendues qualités (d'ailleurs les médecins ne recommandent pas de boire de l'eau dite minérale à tous les repas), mais comme l'eau du robinet est souvent pollué. Est-ce que cela serait vraiment un retour en arrière que de ne plus polluer nos sols et nos rivières, et que l'on puisse à nouveau boire de l'eau du robinet sans crainte ?<br /> <br /> <br /> <br /> Intégrer le prix du recyclage dans le prix de vente, c'est peu ou prou ce qui est déjà fait. Avec les résultats que l'on connait : voir par exemple la taxe sur l'électroménager. Les consommateurs achètent des produits à l'obsolescence programmée, qu'ils doivent donc changer régulièrement, et ils paient pour leur recyclage. Pendant ce temps, les fabricants de ces produits, les industriels de l'emballages et des déchets se remplissent les poches au détriment de notre santé et de notre portefeuille.<br /> <br /> <br /> <br /> Personne n'est choqué quand l'État contrôle la fabrication d'armes, de médicaments (même s'il le fait très mal), etc., pourquoi donc devrions-nous renoncer à contrôler ce qui est destiné à notre consommation ?<br /> <br /> <br /> <br /> PS. Pour ce qui est de l'entropie, à défaut d'un bon livre de physique, je te conseille notre topo sur la décroissance ou wikipedia (cf. les deux premières lois de la thermodynamique).
C
Bonjour, <br /> <br /> Revenir en arrière sans retourner à la bougie. OK. Alors tu proposes de t'arrêter où ? Après la bougie OK. Mais après le pétrole ou avant ? <br /> <br /> Car dés lors que l'on utilise du pétrole on démultiplie l'énergie de chaque humain. Et qui dit énergie dit modification de l'entropie et qui dit modification de l'entropie dit irréversibilité ou retour très difficile. <br /> <br /> Illustration : on interdit l'eau en bouteille. Pour l'eau plate pas de Pb . . . dés lors que l'on garantit une eau aussi bonne d'un point de vue physico chimique ET organoleptique. C'est difficile mais faisable. Mais pour les autres boissons ? On interdit les bouteilles en plastique et les canettes en aluminium au profit du verre. Si ces contenants finissent dans la nature vaut mieux en effet du verre (encore que certains additifs ne soit pas trop bon pour notre précieuse biosphère). Mais si l'on envisage le recyclage ou plutôt la réutilisation pas sûr que le bilan selon l'analyse du cycle de vie tourne à l'avantage du verre. D'autant moins pertinent que la bouteille doit être remplie loin.<br /> <br /> <br /> <br /> Alors faudra-t-il faire un referendum chaque fois qu'un industriel mettre un nouveau produit sur le marché pour savoir si le peuple en a besoin et quel prix la collectivité est prête à payer pour que certains individus puisse satisfaire ce besoin ? Si l'on envisage une consultation du peuple, quel est le mode de décision à appliquer : consensus ? Majorité simple ? Majorité qualifiée ? ..... <br /> <br /> <br /> <br /> Ne serait-il pas plus pertinent d'intégrer dans le prix de vente le prix du recyclage ?<br /> <br /> <br /> <br /> Voilà camarade, quelques questions auxquelles j'aimerais des réponses concrètes. <br /> <br /> <br /> <br /> Pour ma part, je pense que nous devons transformer notre économie linéaire (je prélève/ je transforme/je consomme/je jette (l'incinération est à mettre dans ce registre) en une économie circulaire (je prélève les matières premières renouvelables et un minimum non renouvelables (minerais, ...) et j'utilise des matières recyclée/je transforme/j'utilise/je recycle), celle à laquelle les écosystèmes procède de manière durable depuis des millions d'années. <br /> <br /> <br /> <br /> Car sinon, peu ou prou, c'est le retour à la bougie.
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