Coup de gueule d'un camarade du NPA 32
Le recyclage ne résout rien !
Le recyclage est une illusion créée par les adeptes du capitalisme "vert", même dans les partis se réclamant de l'écologie tels qu'Europe Ecologie. Si on faisait un concours des oxymores, celui-ci serait sans doute en tête, ex-aequo avec le développement durable.
Amateur de randonnées, je me promenais avec un ami il y a quelques jours sur les coteaux autour de Lectoure, admirant les couleurs hivernales et le brouillard, les cultures d'ail et de fèves ; passant devant les fermes, aujourd'hui appelées exploitations agricoles, je parlais aux chiens de chasse et aux canards au bord des mares. Rien que du bonheur, puis tout à coup et à plusieurs reprises, je sentis une odeur de plastique en train de brûler. En trois endroits on était en train de faire ce que l'on a toujours fait à la campagne dans les fermes : brûler les déchets, sauf qu'aujourd'hui on brûle tout, y compris les déchets plastiques, embaumant l'air d'effluves de dioxines. C'est pas grave, ça fond, ça se dissout, ça disparait vite.
Poursuivant la randonnée, nous avons dû quitter en quelques occasions les chemins de terre pour des portions de route goudronnée et je découvris avec délice les fossés des routes, bien achalandés par les automobilistes de passage : paquets de cigarette, canettes de bière et de sodas, bouteille en plastique, emballage de sandwich pour ne parler que des plus visibles. Que faire ? Manque d'éducation, manque de civisme, je-m'en-foutisme généralisé ?
Tout cela est certainement vrai, mais depuis une cinquantaine d'années que nous produisons des emballages jetables, toutes les campagnes d'éducation, les appels au civisme et au "recyclage" ont échoué. La preuve : les bords de route, les forêts, les champs, les océans sont devenus de véritables dépotoirs.
Pourquoi ne pas taper à la source ? Le "recyclage" n'est qu'une illusion, un fantasme créé de toutes pièces par les industriels. Il ne marche pas, coûte des sommes fabuleuses aux collectivités (que nous finançons). On nous dit : c'est formidable avec des bouteilles plastiques on fait des polaires. Oui et avec des polaires, qu'est-ce qu'on fait ? On les brûle dans les incinérateurs qui polluent l'atmosphère. Comme le fait remarquer justement un ami, dans recyclage il y a cycle, donc logiquement avec le plastique nous devrions retourner au pétrole mais bien sûr ce n'est pas le cas.
Si l'on veut vraiment arrêter ce gaspillage et cette pollution, il faut vraiment changer de logiciel, il faut enfin arrêter de produire pour produire. On doit décider collectivement et démocratiquement de quoi on a réellement besoin et comment on le fait en tenant compte du coût écologique et de la soutenabilité. Ce n'est pas parce que l'on est capable de faire quelque chose, qu'il faut nécessairement le faire.
- Commençons par les bouteilles en plastique et les canettes en acier. Les plus âgés d'entre nous se souviennent que nous avions un système très efficace et non polluant de bouteilles en verre consignées. Le remède est donc à la source : interdisons les bouteilles et les canettes non réutilisables (ce qui est bien différent de "recyclables") : moins de déchets, moins de pollution, moins d'énergie gaspillée et responsabilisons le citoyen par le système de la consigne.
- Toujours au sujet des bouteilles en plastique (celles dites écologique car de tailles familiales) rappelons qu'il n'y a pas si longtemps, l'eau en bouteille était vendue en pharmacie uniquement avec pour certaines d'entre elles des mises en garde par le corps médical sur la santé en cas d'abus trop répété. Maintenant, l'eau du robinet dont le coût ne fait qu'augmenter est en plus, souvent polluée et nous achetons de l'eau en bouteilles plastique. Le coût environnemental (et aussi pour le portefeuille) est énorme.
- Les sandwiches préemballés existent pour le bénéfice des industriels et des distributeurs. Ils leur permettent de nous vendre des produits bourrés de conservateurs et stockables plusieurs jours. Au contraire, les sandwiches faits à la demande, ni ne nécessitent aucun conservateur et peuvent être emballés dans du papier. On peut vous les faire devant vous dans un vrai magasin, créant des emplois bien plus agréables que les misérables postes créés dans les quelques usines qui se partagent le marché en Europe. Mieux vous pouvez vous les faire vous-mêmes : vous économiserez, vous mangerez plus sain et vous ne polluerez pas.
- De même un beefsteak acheté à la boucherie est enveloppé dans une feuille de papier. Le même beefsteak (enfin pas tout à fait, en général nettement moins bon) préemballé est vendu dans une barquette en plastique avec une couche-culotte et entouré de film alimentaire (qui ne l'est pas tant que ça).
- Depuis quelques temps des collectivités font payer le ramassage des ordures ménagères au poids ou au volume. Donc non seulement, les industriels nous font acheter des produits sur-emballés mais nous sommes en plus pénalisés lors de leur enlèvement.
Vous allez nous dire: on ne peut pas revenir en arrière, c'est le progrès. Non ce n'est pas le progrès, ou alors seulement le progrès dans le sens de la progression vers l'auto-destruction et le suicide. Retourner en partie en arrière ne veut pas dire retourner à la bougie. Collectivement nous pouvons exiger de pouvoir choisir dans quel type de société nous voulons vivre et quel type de planète nous souhaitons laisser à nos enfants.